Voici le deuxième billet de ma mini-série "solutions plus vertes". Cette fois-ci, parlons de ce qui peut être fait pour être plus vert dans nos choix de consommation... vestimentaire.
La plupart des gens ne voient pas de lien direct entre leur "style" et la santé de la planète. Pourtant, nos choix vestimentaires ont un impact environnemental. Que ce soit par le type de fibres utilisées pour la fabrication du textile, le nombre de produits chimiques et teintures synthétiques nécessaires à sa fabrication, la façon dont nous le lavons et le temps que nous le conservons, il y a plusieurs facteurs qui peuvent influencer l'impact environnemental d'un seul t-shirt ou d'un jeans.
Malheureusement, le système actuel dans le domaine de la mode et du textile ne nous donne que peu d'information sur les traitements, le transport et les conditions de fabrication des vêtements que nous achetons, ne nous permettant pas de faire des choix plus éclairés, comme c'est le cas avec certains produits alimentaires (aliments équitables, bio, local).
Il existe des normes ISO établissant des critères en matière de vêtements plus "verts" mais l'étiquetage demeure volontaire. D'ici à ce que chacun de nos vêtements soient clairement étiquetés pour son impact environnemental, il y a tout de même certaines choses que l'on peut mettre en pratique pour réduire l'impact écologique associé à notre style vestimentaire.
Pour commencer, on peut encore une fois débuter par le principe des 3 R, soit réduire, réutiliser et recycler.
Réduire
Réduisez le nombre de nouveaux vêtements que vous achetez chaque année.
Réutiliser
Fréquentez les friperies ou faites des échanges de vêtements entre amis. Vous avez perdu quelques kilos et ce jeans ne vous va plus? Il fera peut-être le bonheur d'une copine en échange d'un chandail qu'elle ne met plus qu'une fois par année.
Réutilisez les vêtements qui sont brisés ou tachés pour en faire des linges de nettoyage.
Recycler
Pensez à donner vos vieux vêtements à des organismes qui leur trouveront une deuxième vie.
Optez pour des vêtements fabriqués de fibres recyclées ou de matières organiques. Le chanvre et le bambou sont des nouveaux matériaux aux propriétés très intéressantes pour les vêtements, en plus d'être issus de méthodes de culture beaucoup plus écologiques que le coton. Selon la Organic Trade Association, les ventes de vêtements en coton biologique ont connu une très forte croissance ces dernières années, même si au total, la production de coton bio ne représente qu'environ 0,03% de toute la production mondiale de coton.
Pensez aussi à réduire l'énergie dépensée pour laver vos vêtements.
Lavez vos vêtements à l'eau froide.
Faites sécher vos vêtements sur une corde à linge ou un support à vêtements, au lieu de les mettre dans la sécheuse. En plus d'économiser de l'énergie, cela endommagera moins les fibres de vos vêtements, qui garderont leur apparence neuve plus longtemps.
Selon un rapport de la prestigieuse université de Cambridge, 60% de l'énergie utilisée au cours du cycle de vie d'un t-shirt en coton est liée à son traitement post-achat; c'est-à-dire, principalement au lavage et séchage à haute température. Les coûts environnementaux du transport d'un endroit à l'autre de la chaîne de production, ne serait selon eux pas aussi alarmants qu'on ne le laisserait croire (rapport gratuit à télécharger).
Choisissez des détergents et des produits à lessive plus "verts" (eco-friendly).
Soyez par contre vigilants quand vous choisissez vos produits nettoyants verts. Dans ce domaine, il y a beaucoup de "greenwashing" (blanchiment vert ou éco-blanchiment, en français) Terme très approprié dans le cas des produits de lessive, le greenwashing fait référence à des stratégies de marketing utilisées par des entreprises pour donner une image écologique et responsable à leur produit, sans que cette image soit nécessairement réellement fondée sur la réalité. En d'autres mots, les produits de nettoyage verts ne sont pas tous aussi verts. Pour ne pas se faire prendre au jeu, vaut mieux retenir ces quelques principes : choisir d'abord bien entendu un savon à lessive sans phosphate, biodégradable et efficace en faible dose, qui lavera bien les vêtements à l'eau froide et sera présenté dans un contenant recyclable et, de préférence, fait de matières recyclées.
Cela semble beaucoup demandé; mais il y a beaucoup plus d'alternatives qu'on ne pourrait le croire et ça vaut la peine de s'arrêter un peu pour comparer et étudier la question.
Si ce sujet a piqué votre curiosité et vous voulez en savoir davantage sur la question, voici quelques livres intéressants:
Waste and Want: A Social History of Trash, Susan Strasser
The Travels of a T-Shirt in the Global Economy, Pietra Rivoli