Voici le sujet de ma chronique de vendredi à Rythme. C'était vendredi 13 alors je me suis permis un sujet souvent perçu comme un peu macabre: la mort.
Pas facile l’idée de parler de la mort mais comme on le sait, c’est une des certitudes de la vie …avec les impôts bien sûr ;-).
Les cérémonies importantes de notre vie peuvent être célébrées de manière à diminuer notre impact écologique sur la planète. Un mariage champêtre écolo, un anniversaire ou l’on préconise des cadeaux recyclés ou réutilisés sont des options vertes très nobles. Mais qu’en est-il de l’ultime événement? Oui des funérailles vertes, c'est possible!
Pourquoi des funérailles écologique?
Un corps embaumé contient en moyenne plus de 15 litres de formaldéhyde.Cela s’ajoute aux 4 millions de litres et plus qui sont enterrés annuellement en Amérique du Nord.
En un an, la quantité de métaux utilisée pour la production des voûtes et des cercueils d’Amérique du Nord serait suffisante pour reconstruire le pont Golden Gate à San Francisco.
La quantité de ciment utilisée serait quant à elle suffisante pour construire deux autoroutes à doubles voies entre Toronto et Montréal – aller-retour!
Un cimetière de 10 âcres contient: suffisamment de bois pour construire plus de 40 maisons, 1000 tonnes d’acier servant à la production des cercueils, 20 000 tonnes de ciment servant à la fabrication des voûtes.
De plus, les cimetières traditionnels entretiennent des pelouses et des jardins qui requièrent des pesticides et des fertilisants pour conserver leur belle apparence.
Et comment fonctionne la crémation?
La boîte contenant le corps est incinérée à des températures allant de 760 à 1150 °C. Une crémation consomme en moyenne 27 litres d’essence.
Durant le processus de crémation, le corps (particulièrement les organes) et d’autres tissus mous s’évaporent et s’oxydent à cause de la chaleur, les gaz ainsi produits se dispersant dans le système d’échappement. Ces émissions de gaz comprennent des oxydes d’azote, du monoxyde de carbone, du dioxyde de soufre, des vapeurs de mercure, du fluorure d’hydrogène, du chlorure d’hydrogène et d’autres métaux lourds, notamment des polluants organiques persistants.
Selon les Nations-Unies, la crémation contribue à 0,2% des émissions mondiales de dioxine et de furane. Elle est considérée comme la deuxième plus grande source de mercure en suspension dans l’air en Europe.
Donc d'une manière ou d'une autre, la mort est polluante!
Du moins, il est possible de préparer les choses de notre vivant pour tenter d'être le plus écolo possible le jour venu, par notre choix de cercueil et de cimetière par exemple. Il existe des lieux naturels comme les sentiers commémoratifs de la Rivière du Nord. C’est un cimetière naturel donc un lieu axé sur la conservation de l’environnement, mais aussi sur la protection du territoire destiné au patrimoine local. Il y a différente gammes de cercueil écolo. En bois récupéré, recyclé, sans clous, sans métal ou encore en carton avec de la colle à base d’amidon de pommes de terre et de maïs, avec intérieur capitonné en lin naturel, convenant à l'inhumation ou la crémation. D'ailleurs, le temps d'incinération dans un cercueil en carton est 2 fois plus court que dans un cercueil en bois. De quoi être vraiment plus écolo!
Il y a aussi le meuble écologique transformable en cercueil de la compagnie québécoise "J’en meurs d’en vie". Un vrai meuble en coin qui seras utile de votre vivant et qui se transforme en cercueil à votre mort. Un peu trop macabre pour vous?
7 choses à faire pour un enterrement écolo
1. Planifiez votre enterrement, de façon à ce que votre famille et vos exécuteurs testamentaires soient informés de votre volonté de faire les choses simplement et de façon plus verte.
2. Ajoutez une phrase dans votre testament disant: «Je préférerais être enterré dans un site d’enterrement naturel, si possible. Si aucun site d’enterrement naturel n’est disponible, prière de préparer mon corps sans produits toxiques, et utilisez un cercueil aisément biodégradable, sans voûte de ciment.»
3. Optez pour une simple boîte fabriquée à base de bois local récolté de façon durable (comme le bois certifié Forest Stewardship Council) ou encore de carton. Prenez des informations au sujet des cercueils écologiques de la compagnie Northern Casket.
4. Examinez d’autres alternatives, incluant un linceul ou un simple panier.
5. Pour ce qui est de la crémation, demandez à faire enlever vos dents recouvertes de plombage contenant du mercure, afin d’éviter de rejeter du mercure dans l’air.
6. Pensez à compenser les émissions de gaz à effet de serre générées lors de la crémation par l’achat de crédits de carbone.
7. Au lieu de bouquets de fleurs traditionnels, demandez à ce que les dons de vos proches et amis servent à la conservation d’un terrain ou soient acheminés à un organisme écologique.
Mais avant d’en arriver là je vais emprunter cette phrase célèbre que disait Spok « Live long and prosper »
Crédits : Le contenu de cette chronique a été en grande partie inspiré d'un très bon article écrit en anglais dans la journal The Sun par la journaliste Suzanne Elston.
En bonus, voici la chronique audio (où l'équipe ne semblait pas tous convaincus de mes alternatives vertes) :
chronique verte - 12 nov.mp3 (2,32 mb)