J'ai gardé le sujet "Plus vert dans votre assiette" pour la fin, puisqu'il ouvre la discussion sur une série d'articles que je veux vous présenter au cours des prochaines semaines; des articles spécialement destinés à l'impact de l'alimentation sur le climat. Je vous parlerai plus en détails de plusieurs points ici mentionnés. Mais d'abord, un survol!
Commençons par quelques chiffres bruts. Saviez-vous que la production d'oeufs de consommation émet environ 2000 g de CO2 dans l'atmosphère par kilo. Ce n'est rien en comparaison avec la production de boeuf (11 600 g CO2/kg), de jambon (2 950 g CO2/kg) et de poulet (3 160 g CO2/kg). En comparaison, les produits laitiers, le riz et les légumes frais émettent beaucoup moins de GES dans l'atmosphère et constituent donc des choix moins polluants. La production de viande nécessite aussi beaucoup de ressources. Des ressources qui se font de plus en plus rares elles aussi, telles que l'eau et les terres arables nécessaires à la production de céréales qui serviront à nourrir le bétail et la volaille.
Cela signifie-t-il que nous devrions tous devenir végétariens? Pas nécessairement ; mais une réduction de notre consommation de viande est définitivement une solution envisageable. Un Canadien consomme en moyenne, chaque année, 22 kg de boeuf, 33 kg de poulet, et 18 kg de porc. Si je reprends les chiffres mentionnés plus haut, et utilise mes mathématiques du primaire, je calcule qu’en gros, notre consommation actuelle de ces 3 viandes à elles seules, contribuent à des émissions de CO2 de l'ordre de 412 kg par personne par année. C'est 13 millions de tonnes de CO2 dans l'atmosphère !
Le plus paradoxal dans tout cela, c’est que la majorité des Canadiens n'arrive pas à manger le nombre de portions minimales (5) de fruits et légumes recommandées pour assurer la santé. Il semble donc qu'un changement dans les choix alimentaires vers un mode plus "végétal" ne ferait définitivement pas de tort!
En changeant ne serait-ce que légèrement nos choix alimentaires, on peut avoir un large impact sur la santé de notre planète, des autres populations de par le monde, sans oublier notre propre santé.
D'ailleurs j'apprécie à ce sujet l'initiative Meatless Monday (lundi sans viande). Meatless Monday est une organisation à but non lucratif en lien avec la prestigieuse Jonhs Hopkins' Bloomberg School of Public Health qui cherche à réduire la consommation de viande de 15% dans la population. De retour du weekend, où l’on a bien mangé et fait quelques excès, un lundi végétarien peut être une bonne façon de reprendre la routine hebdomadaire sur une note saine et positive. Basé sur le même principe, chez Le Commensal, on a lancé l’initiative « un repas de viande en moins »; un défi que tout le monde peu arriver à relever.
Consommer moins de viande est donc un premier pas pour réduire notre impact écologique. Et lorqu’on choisi de consommer de la viande, on peut choisir des viandes qui ont moins d’impact sur l’environnement. Le poulet et le poisson seraient mieux que le boeuf en ce sens.
Lorsque c'est vraiment de boeuf que l'on a envie, on peut alors privilégier le boeuf issu d'un élevage écologique et non d'une méga-industrie, car ce premier aura une plus faible empreinte écologique.En général, acheter des produits biologiques et/ou des produits issus de l'agriculture locale peut aider à réduire l'impact environnemental de nos choix.
Éviter les produits sur-emballés est une autre façon de réduire notre impact. Malheureusement, aujourd’hui, la plupart de nos produits alimentaires sont transformés et emballés. Même les fruits et légumes sont présentés en barquettes de "styrofoam" et couverts de pellicule plastique.
Finalement, si vous cherchez à être plus vert, essayez d'éviter l’eau embouteillée! Son empreinte carbone est énorme (embouteillée à un endroit, livrée à plusieurs autres). Lorsque vous choisissez d'en acheter, regardez sa provenance. Avons-nous vraiment besoin, au Québec, avec toutes nos réserves d'eau potable, d'importer de l'eau des îles Fiji, puisée de l'autre côté de la planète? Sérieusement?!
Pour votre information :
La plupart des chiffres que je présente dans ce billet proviennent du livre The Climate Diet, de Jonathan Harrington. Il est fort possible que vous trouviez des chiffres un peu différents dans d'autres sources. C'est normal, puisque cela dépend des indicateurs de la production qui ont été choisis pour calculer l'impact (par exemple, en considérant la quantité de CO2 émis pour la production de boeuf).
Les statistiques de consommation canadiennes proviennent quant à elles de Statistiques Canada.